Les couples homosexuels ou lesbiens ne se satisfont pas du PACS. Ils revendiquent le droit au mariage au nom de l’égalité de traitement avec les couples hétérosexuels. De plus, ils souhaitent que leur soit accordé un droit à l’adoption plénière.  [Cette adoption coupe tout lien entre l’enfant et ses géniteurs biologiques]. Ces demandes sont mal acceptées peut être parce que l’idée de ces mariages ne correspond pas à l’étalon de la famille légitime composée d’un couple hétérosexuel. Les arguments spécieux avancés pour justifier le refus du droit à l’adoption ne manquent pas. Au premier plan sont cités les risques courus par les enfants. Le couple homosexuel serait-il surface de projection de tous les fantasmes possibles de la perversion ? Or des enquêtes prouvent que les enfants adoptés par les couples homosexuels se portent bien. Ils se revendiquent « comme les autres ». Rien en effet ne permettrait de penser que les homosexuels et les lesbiennes sont incapables d’aimer et d’éduquer correctement des enfants. En effet la capacité affective et éducative n’obéit pas à des orientations sexuelles.En fait la question posée par la demande des couples homosexuels est le révélateur de la profonde métamorphose de la famille contemporaine. C’est ce qui gêne. La famille avait une raison d’être : assurer la survie de l’espèce humaine. Certes ! Elle  contribue aujourd’hui encore  à la reproduction sociale et biologique de la société. Mais son objectif prioritaire est tout autre. Si deux êtres s’unissent par amour et fondent une famille, c’est que chacun d’eux est porté par l’espoir de parvenir de cette façon à révéler l’identité latente de soi grâce à la relation privilégiée établie avec son conjoint. Comme le dit François de Singly,  la famille est  au centre de révélation de soi. Si telle est la fonction de la famille, de quel droit en priverait-on les couples homosexuels ou lesbiens ? Par ailleurs, si la finalité de la famille est simplement de satisfaire une demande individuelle, l’enfant permet de parfaire cet accomplissement de soi. On fait un enfant pour soi. Sa venue fonde la famille, donne à chaque membre du couple une raison d’exister, voire de se survivre. Et tout naturellement l’on identifie aujourd’hui la famille à partir de l’enfant.  Chacun y « a droit ».