On se demande parfois quelle est la différence entre le mythe et la parabole, sachant que les deux peuvent être des histoires inventées et pourtant considérées comme vraies, d’une certaine manière, dans les milieux dans lesquels on les raconte. Il semble que le mythe a pour ambition de donner des repères concernant l’ordre des choses et du monde, faisant de ceux qui y adhèrent une confrérie d’initiés partageant un même savoir fondateur. Tandis que la parabole, serait réservée à des disciples déclarés. L’auteur d’une parabole cherche avant tout à faire entrer son auditeur, en tant qu’acteur, dans son histoire. C’est ainsi que, dans la parabole dite du Semeur (Matthieu 13), par exemple, le but est que l’auditeur trouve avantage à se comporter comme la bonne terre, à devenir lui-même la bonne terre. C’est en ce sens que toute la Bible est de facture parabolique, et non pas mythique.

 Mythe et langage mythique :

Beaucoup considèrent le langage mythique comme « primitif ». Selon cette compréhension, il convient d’extraire du mythe le sens profond en le formulant de façon intelligible pour la raison. Le mythe contiendrait un « savoir » caché sous une enveloppe narrative. C’est une mauvaise compréhension du mythe. Le langage mythique est une tentative pour raconter quelque chose qui ne relève pas du savoir mais de l’indicible, à savoir le rapport de l’homme à sa destinée et à l’altérité. Le mythe cherche à exprimer le mystère des origines de l’homme et son devenir. Le mythe essaie d’exprimer, d’approcher autant que possible ce dont on ne peut rien dire et d’en traduire les conséquences pour l’existence humaine. Il ne s’agit donc pas de retraduire le mythe dans un langage acceptable pour la raison mais d’entendre la question fondamentale que le mythe aborde avec sa réponse. Il faut laisser résonner en nous l’interrogation fondamentale et y répondre dans son existence singulière. Il s’agit de faire sienne ou de rejeter la réponse que propose le mythe. Chaque mythe déploie une compréhension du monde, une compréhension de l’homme, de la divinité, de l’altérité. C’est cela qu’il faut essayer d’entendre.