Tel est le titre d’un papier de Laurent Gagnebin de Bons, paru dans le dernier numéro de la revue Évangile et Liberté ( www.evangile-et-liberte.net). Ce petit texte  illustre bien l’esprit dans  lequel le « cercle evangile et liberte en isère » réfléchit à la façon dont on voit l’annonce possible de l’évangile. Si vous souhaitez recevoir les prochaines publications de notre  blog www.evangile-liberte-38.org. , inscrivez vous à la newsletter.

2 octobre 2012

Je consulte un nouveau médecin, une doctoresse. ]e lui fais remarquer que je suis aussi docteur... en théologie protestante. Aussitôt, elle me déclare :
-  « Alors, vous êtes mystique ! »
C'est devenu une habitude ; sitôt que quelqu'un, à la télévision ou ailleurs, se déclare croyant, on lui rétorque ce « alors vous êtes mystique ».
Le mot «  mystique » n'est pas à prendre ici en bonne part. Dans la bouche de celles et ceux qui le prononcent ainsi, il signifie en effet que le croyant est un rêveur, perdu dans des spiritualités désincarnées, victime d'une aliénation religieuse qui le conduit à fuir la terre pour des réalités célestes et éthérées.
-  « Non, je ne suis pas mystique ».
La doctoresse me regarde avec des yeux sceptiques et ébaubis. Je lui explique que je j'ai les deux pieds sur la terre et y milite même pour un christianisme libéral et social. Mais au mot « mystique », elle m'oppose un
-  « Moi, je suis scientifique ».
Je lui réponds :
-  « Moi aussi ; non que j'aie un métier de scientifique, mais parce que je cherche à penser la foi, à faire preuve d'une exigence d'honnêteté intellectuelle, parce que je milite pour un christianisme raisonnable faisant appel à une méthode historique et critique pour lire la Bible et les doctrines. »
Elle écarquille de plus en plus ses yeux. Manifestement, je suis pour elle un être étrange et aberrant, presque monstrueux, relevant d'une autre pathologie que celle qu'elle soigne habituellement. Elle n'a peut-être pas tout à fait tort...
Nous discutons encore. Après « mystique », « scientifique », un autre mot en -ique ; elle condescend finalement à me dire qu'elle est « agnostique ». Certes, elle ne croit pas en Dieu, mais elle ne prétend pas avoir raison contre moi.
« Agnostique ? Moi aussi » lui dis-je aussitôt, parce que je crois en Dieu, mais ne prétends pas savoir qu'il existe.
Là, c'est le coup de grâce. Elle reste interloquée. La discussion reprend, mais je lui fais remarquer qu'il y a plusieurs personnes qui sont assises dans la salle d'attente.

P.-S. Avez-vous remarqué que dans bien des librairies, les livres relatifs à la religion et au christianisme sont classés à la rubrique « Ésotérisme » ?

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