L’objectif poursuivi par le « cercle évangile et liberté en Isère » était de voir ce que l’on pouvait répondre « à minima » à une personne, nous interpellant sur la réalité historique de Jésus. Ce texte de P. Claudin a été soumis à l’appréciation  de notre groupe. J’ai relevé en fin de page, quelques remarques faites. Si vous aussi, vous voulez donner votre avis, adressez-vous à <hugues.lehnebach@wanadoo.fr>

 

                                               Volet historique

 

            Qui est-ce Jésus qui m'entraîne à sa suite comme des milliards de chrétiens d'hier et d'aujourd'hui ? Des athées radicaux veulent croire et faire croire que c'est une légende, mais cela ne tient pas historiquement. Nous avons suffisamment de traces dans l'histoire pour affirmer son existence et la décrire rapidement.

Il naît en Palestine, il y a 2000 ans environ, dans une famille juive probablement très croyante. Il exerce d'abord le métier de son père : « artisan du bois ». Vers trente ans il quitte tout pour une prédication itinérante, après avoir, un temps, suivi un autre prédicateur connu dans le monde juif : Jean le Baptiste.Vu à travers les catégories de l'époque, il ressemble à un « Prophète », un envoyé de Dieu. Le peuple juif a déjà connu des hommes de ce type.

Il annonce la venue du « Royaume de Dieu » ; c'est une grande fraternité entre les humains, une proximité et une bienveillance de Dieu pour chaque femme et chaque homme. Par des guérisons, il donne des signes de cet amour de Dieu. Il abolit ainsi les intermédiaires entre Dieu et les hommes que la religion juive avait instaurés : les prêtres, les prophètes et les rois.

Cette attitude lui fût fatale. Après environ trois ans de prédication, à l'approche de la fête de la Pâque (probablement celle de l'an 30), il fût arrêté et déféré par les autorités religieuses de son peuple devant le préfet romain, Ponce Pilate. Pour éviter tout trouble à l'ordre public, celui-ci le condamna à mort, par le supplice de la croix.

Ses disciples, effrayés, démoralisés, se dispersent. Mais peu de temps après ils se retrouvent et témoignent : « Il est vivant, nous avons fait l'expérience de sa présence ! »

Ce que l'historien peut constater c'est le témoignage des disciples et non le fait lui-même de cette vie après la mort qui échappe, par définition, à l'histoire. Mais l'historien constate aussi l'expansion rapide du christianisme dans le bassin méditerranéen. Entre 40 et 50 il y a des communautés chrétiennes à Antioche, Ephèse, Corinthe etc..
L'écrivain latin Tacite nous dit, incidemment, la présence de chrétiens à Rome en 63. Présence suffisamment importante pour que l'empereur Néron s'y intéresse. A cette expansion, il y a des raisons humaines liées à la conjoncture de l'époque; mais pour le chrétien comment ne pas aussi penser à l'oeuvre de forces spirituelles!

 

                                                                                                                      Paul Claudin

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Observations :

- A la question « Est-ce vrai que Jésus a bien existé » ? 
La réponse est oui. Les écrits de Tacite l’attestent. Personne ne doute de la réalité historique des évangiles et des lettres de l’apôtre Paul.

- « Est-ce que tous les récits des évangiles sont à prendre pour vérités historiques » ?
La réponse est « non ». Les auteurs à l’époque n’avaient pas notre conception de la vérité historique. Pour eux la vérité était contenue dans le message qu’ils souhaitaient faire passer. Une histoire, un récit, une image, voire un conte contenant une vérité convenaient. L’auditeur faisait la part des choses. Il ne prenait pas le contenu pour le contenant !

- « Est-ce que les propos de Jésus tels que les rapportent les évangiles sont exactement les siens » ?
La réponse est « non ». Les témoins de Jésus ont transmis oralement ce qu’ils avaient retenu de ses paroles ou de ses actions. Les évangélistes les ont mis par écrit en s’efforçant de nous transmettre leur ressenti, le message qu’eux même en avaient retenu.
Ainsi certaines paraboles, certains événements sont racontés avec des variantes d’un évangéliste à l’autre. Il faut tenir compte du fait que chaque évangéliste s’adressait à un public particulier. Par exemple l’un s’adressait à des juifs devenus chrétiens, l’autre à des Grecs qui s’étaient convertis. Les publics n’avaient donc pas la même culture, la même façon de penser. On peut dire «  Luc dit que Jésus a dit ceci ou cela ». On ne peut pas dire « Jésus a dit ceci ou cela ».


-Qu’est-ce que Jésus a fait avant son ministère ?
Réponse « on n’en sait rien ». On peut supposer qu’il a aidé son père charpentier. On peut supposer qu’en tant que fils aîné, il a appris à lire la Bible (la Thora). Et même qu’il a étudié les Écritures de façon rigoureuse.


-Le plus important : Tout repose sur le témoignage des disciples après la mort de Jésus qui n’a rien écrit lui même, et de l’événement de la résurrection que seuls les disciples  ont alors véritablement vécu et sur le développement incroyablement rapide des communautés qui se réclamaient de Jésus.


- L’essentiel est de se mettre à la portée de la personne qui nous interroge et de répondre vraiment à ses questions.