Au seuil de la nouvelle année, nous savons que l’an 2013 va conforter le virage amorcé depuis les années 60-70 par la mise en ordre de marche dévastatrice du néolibéralisme et de la mondialisation. Notre monde est en train de vivre une rupture totale sur trois niveaux :
            Au premier plan, celui de l’autorégulation des écosystèmes planétaires. Nous n’ignorons plus la mise en danger des océans, le réchauffement de la planète, la destruction systématique des réservoirs forestiers, la pénurie prévisible de l’eau, la fin des ressources naturelles.
            Au second plan, celui de l’évolution des sociétés, nous constatons qu’avec la crise du capitalisme se profile une refonte des équilibres sociétaux. Est-ce vers la mort définitive des démocraties au profit des dictatures ou vers une nouvelle économie fondée sur le don que nous allons?( voir  L’esprit du don
de J.T. Godbout).  L’objectif de devoir bientôt nourrir 9 milliards d’êtres humains exige une gouvernance à l’échelle mondiale. Saura t on la mettre en place avec l’indispensable application de normes de productivité agricoles écologiques pour y parvenir?
            Enfin, au troisième niveau sociétal, la poursuite d’une  remise à plat de l’éthique déjà amorcée est prévisible. Ceci concerne l’individu, les diverses formes de conjugalité, le contrôle des avancées scientifiques, les nouvelles normes de régulation économqies.

Depuis le néolithique, les ancêtres de l’homme, ont au cours d’une évolution multimillénaire, bouleversé leurs conditions de vie pour s’adapter et survivre.  La religion n’a jamais fait qu’accompagner, souvent cautionner, les étapes de ces évolutions. Nous proposons de réfléchir à ces quelques mots prononcés par Cupit, un « théologien radical ». En effet les fondamentaux de la religion sont maintenant sans doute également à réviser (Cupit Octobre 2006 – d’après la traduction de G. Castelnau in www.protestantdansla ville. org).

« Le renouvellement de nos conceptions religieuses me semble de plus en plus indispensable. Je suis notamment frappé depuis une dizaine d'années par le fait que la religion de la plupart des gens les oblige à croire en un Dieu personnel et à imaginer un monde céleste, détournant ainsi les yeux de notre univers terrestre vers un au-delà plus spirituel.

Le monde dans lequel nous vivons n'est pourtant que terrestre ; il est fini et sans ouverture sur quelque transcendance que ce soit. Mon but est d'en proposer néanmoins, une compréhension nouvelle et religieuse. J'ai d'ailleurs l'impression que cette mutation est déjà en train de s'accomplir dans l'esprit de nos contemporains, de sorte que je n'ai pas tant à leur transmettre mes propres idées que tout simplement à donner forme à celles qui, déjà, surgissent en eux.

Il nous faut abandonner complètement notre ancien modèle de religion avec son idée d'une alliance que Dieu aurait traitée avec un groupe humain particulier, marqué par sa culture et sa langue, avec aussi l'idée du grand mythe cosmique de la Chute et de la Rédemption, ainsi que la différence entre une Terre matérielle et un Ciel spirituel.

Nous parlerons de la religion en termes de « spiritualité » personnelle : chacun de nous doit développer son propre style de vie d'une manière qui lui permette d'être vraiment lui-même, de trouver du sens à son existence, et d'apporter sa contribution personnelle à la valeur et la beauté du monde. C'est cela que nous appellerons le salut.

Ce passage d'une religion organisée à une spiritualité personnelle se résume dans la formule suivante : « Du monde, de l'âme, de Dieu vers la vie, ma vie personnelle ».

La question qui me semble préoccuper aujourd'hui l'humanité n'est plus celle du péché et de sa rédemption mais celle de l'effort que nous devons fournir pour trouver du sens à la vie de notre monde ».

            Une question pour conclure : Don Cupit semble peut être envisager le fait que pour la première fois ans dans l’histoire de l’humanité, l’homme veuille s’inventer des règles de conduite propres en se les attribuant à lui même et non plus en les attribuant aux dieux ou à la nature, comme ce fut habituellement le cas ? Ou conseille t-il de mieux se référer, sous une compréhension renouvelée,  à Dieu tel qu’il s’est manifesté dans les Écritures?

H. Lehnebach