Il  n’ y a pas très longtemps que l’homme est maintenant menacé. Les femmes ont obtenu l’égalité. Elles avaient obtenu le droit de vote qu’en 1945,  le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari en 1965 et la gestion des biens communs par les deux époux en 1985. Enfin, ce n’est qu’en 2002 que l’autorité parentale a été partagée à égalité entre le père et la mère. Le pire pour l’homme est que cette autorité parentale est un ensemble de droits et surtout de devoirs qui ont pour finalité l’intérêt de l’enfant. Il ne s’agit plus d’assurer la survie de l’espèce humaine,  de la société. Cela dépossède l’homme de son rôle traditionnel.  L’autorité appartient au père et à la mère jusqu’à la majorité de l’enfant pour le protéger en ce qui concerne sa sécurité, sa santé, et sa moralité, pour assurer son éducation, permettre son développement dans le respect de sa personne. Vous avez bien lu. C’est l’enfant qu’il faut respecter et non apprendre à l’enfant à respecter ses parents.  Le résultat n’est pas brillant pour l’homme,  car ce sont trois fois sur quatre, les femmes qui demandent le divorce. Oui ! L’homme est menacé.

Quand le couple était simplement indispensable à la reproduction de l’espèce, quand l’amour n’avait rien à voir avec la vie de couple même si le a vie en couple n’empêchait pas les sentiments, tout allait bien pour l’homme. Maintenant il arrive que même si monsieur a bien enregistré les messages de 68, même s’il n’est pas particulièrement « machiste » et a un idéal égalitaire, il ne s’en sort pas. Madame exige de lui qu’il ait de l’autorité comme son père à elle en avait pour corriger l’enfant quand il lui manquait de respect. Monsieur préfèrerait que soit maman qui prenne le petit sur ses genoux pour lui expliquer gentiment que ce qu’il a fait n’est pas bien. S’il lui arrive d’intervenir, c’est pour négocier, expliquer, justifier la colère de maman. Mais voilà ! Quand on négocie, on est à égalité, ce qui veut dire que dans ce cas,  personne n’a autorité sur l’autre. Et l’enfant a compris ça sans qu’il soit nécessaire de le lui expliquer. Le résultat est désastreux.

Un enfant pour parvenir à l’âge adulte, a besoin de se confronter à la dure réalité. Déjà quand il était un nourrisson, il lui avait fallu apprendre qu’il ne pouvait téter sa mère n’importe quand. Il avait dû découvrir qu’il ne s’identifiait pas à maman, que maman ne lui appartenait pas. Si l’enfant était resté dans une relation fusionnelle permanente, il ne serait jamais parvenu a exister en tant que personne autonome. Un peu plus tard,  le petit garçon doit abandonner sa part féminine et la petite fille sa part masculine. Comme le dit Héfèz, «  la structure naturaliste dans laquelle nous évoluons depuis des siècles est en train de se déliter ; il faut inventer autre chose ! C’est exactement ce qui se passe actuellement : après des siècles sans questions où devenir un garçon signifiait prendre le pouvoir, et devenir une fille s’y conformer avec docilité, voilà que s’ouvre à nous un monde plus égalitaire, où ce rapport de domination d’un sexe sur l’autre  régit de moins en moins la vie sociale et professionnelle, et plus du tout la vie intime ».

Les couples vivent maintenant une période extrêmement difficile, car il leur faut apprendre à partager l’autorité comme le leur dit la loi. Monsieur a peut être fait l’effort de passer l’aspirateur, voire de débarrasser la table et de mettre la machine à laver la vaisselle en marche puisque, puisque  comme le disaient les féministes, il n’est pas nécessaire d’avoir des seins pour faire la vaisselle. Mais luis aussi a besoin d’exprimer sa tendresse aux enfants. Il n’aime pas forcer la voix pour tenter de se faire obéir. Et maman qui revendiquait haut et fort l’égalité au sein du couple avec la possibilité de faire carrière hors du foyer exige de son époux qu’il ait de l'autorité. Bref ! Ils ne savent pas partager cet exercice de l’autorité pourtant indispensable à l’équilibre de leurs enfants. Qui fait l’homme ? Qui fait la femme ? En fait chacun d’eux doit occuper une fonction qui correspond à ses capacités, à ses aptitudes. Mettre en place une règle du jeu est indispensable à l’équilibre du couple et à l’harmonie au sein de la famille. C’est à une réécriture du « genre » définissant les relations sociales que l’on doit se livrer. C’est bien la société qui détermine les règles et non pas Dieu ou la Nature ! C’est pourtant ce que  l’on affirmait en considérant que le couple hétérosexuel relevait de l’ordre de la nature. Or avec l’évolution du statut de la femme et son autonomie sans cesse croissante, la conception du mariage fondée sur une certaine représentation de la différence des sexes et des genres est totalement remise en question. Ajoutons que la sexualité devenue licite n’est plus restreinte à la seule procréation. Il est permis à la femme d’accéder au métier de pilote de chasse, d’officier de police, de soldat. Comme l’homme elle accède au statut d’humain et de femme de moins en moins enfermée dans sa seule féminité. L’homme a le droit d’exprimer sa sensibilité sans honte. L’union conjugale repose sur une base contractuelle scellée entre deux personnes.  Au gré des expériences et de la vie, les rôles de l’un et de l’autre peuvent évoluer, chacun découvrant parfois avec étonnement les dons cachés de son vis-à-vis. Il n’y a plus de menace, car le statut de l’un ou de l’autre n’a plus de raison d’être mis en question. C’est toute une découverte à faire à deux. Et les grands-parents sont particulièrement incapables de transmettre le moindre savoir sur ce plan.

H. Lehnebach