Le 29 Mars à Grenoble avec André Gounelle,
Un Itinéraire théologique hors du commun

La revue catholique Lumière et Vie a rassemblé une trentaine d'entretiens avec des penseurs contemporains. Trois de ces entretiens ont concerné André Gounelle, Laurent Gagnebin et Bernard Reymond, trois des piliers du libéralisme protestant contemporain. La revue Évangile et Liberté a eu la bonne idée de publier ces trois entretiens[1], avec l’autorisation de la Revue Lumière et Vie sous le titre Évangile et Liberté, trois parcours pour un christianisme crédible.

Lire le premier de ces entretiens, avec André Gounelle, est un régal. Chacune des étapes de cette autobiographie théologique si je puis dire, m’a fait penser au jeu de la marelle. Le lecteur a l’impression de sauter à cloche-pied dans chacune des cases correspondant en fait à une question spirituelle que l’on s’est posée maladroitement un jour ou l’autre, mais à laquelle Gounelle va nous aider à répondre.
Quand il donne une conférence, le public s’y presse. Peu importe je crois le titre de la conférence. C’est pour l’écouter que l’on vient, sachant que de toute façon, le sujet nous concernera très directement. Car il ne se perd jamais dans des digressions absconses qui n’intéresseraient qu’une soi-disant « élite ».
Que ce soit dans ses nombreux livres, ou dans l’un des 800 articles qu’il a écrits, il reste pédagogue. À l’écouter, à le lire, on finit par se croire intelligent. Son immense mérite est celui d’être un passeur d’idées qui contribue à ce que l’Église ne se sclérose pas, mais reste en phase avec son temps pour annoncer l’évangile. Son chemin se trace en marchant. Il a pris celui du protestantisme libéral, libre à l’égard des orthodoxies. Il s’est toujours soucié de ce que la foi soit crédible, et que nourrie par la lecture de la Bible, elle soit en corrélation avec ce que l’on sait aujourd’hui philosophiquement et scientifiquement, et bien entendu, en relation avec ce que l’on vit.


Il est possible de repérer  à la lecture du premier chapitre de l’opuscule, les questions qui ont  passionné André Gounelle tout au long de sa vie. Je me permets d’en lister quelques-uns avec les  pistes de réponses.

À propos de Dieu en premier lieu :
 Le point d’ancrage de cette quête est la réflexion sur Dieu, la recherche d’une théologie de la religion. Il a vécu son enfance et son adolescence en Algérie et au Maroc. Au vu de la piété musulmane, il s’est posé la question suivante : N’y a-t-il de révélation que biblique ?
 Le Dieu statique, tout-puissant du théisme classique fait place pour lui, à une puissance créatrice en mouvement, à une puissance dynamique, portée vers l’avenir. Dieu n’est pas personnel, mais dépasse la personne. La théologie du process qu’il a fait connaitre en France lui a permis de penser Dieu autrement.

À propos de la foi :
La vérité est en chemin, jamais figée une fois pour toutes. Ainsi en est-il de la foi qui change, évolue selon les contextes.
La religion ne peut se dispenser de se penser rationnellement, sans que ce soit pourtant la raison qui produise la foi.
En suivant Tillich qu’André Gounelle a largement traduit et fait connaître en France, il faut comprendre la foi comme courage. Le symbole est le langage de la foi.

Au sujet des dogmes :
André Gounelle a aidé nombre de pasteurs à clarifier ce que signifiaient la Sainte Cène et le baptême, à mettre de mots sur la mort et l’au-delà, au plus grand bénéfice spirituel des fidèles.  
Le rejet des théories sacrificielles de la croix s’impose. Le Symbole dit des Apôtres, ne dit rien du message de Jésus alors que c’est bien ce que disait ou faisait Jésus qui donne du poids à sa personne. C’est une lacune. Mais une question importante se pose : l’évangile est-ce Jésus ?  Ou son message? Le christianisme traditionnel a-t-il raison d’insister et de spéculer davantage sur Jésus que sur sa parole.

L’annonce de l’Évangile :
André Gounelle est séduit par l’annonce du Royaume de Schweitzer qui ne voyait pas le Royaume de Dieu au ciel ou à la fin des temps, mais relevant ici et maintenant de l’éthique au service du prochain. L’évangile est alors prédication du Royaume qui est proche.
Pour annoncer  l’Évangile, mieux vaut user d’un langage laïc, celui de la pensée.
Le futur est le temps privilégié de Dieu.

Pour conclure :
André Gounelle ne se soucie guère de procéder à son auto-évaluation. Il s’inscrit dans la spiritualité réformée où « la foi écarte le souci de soi et de sa destinée dernière ». Citant le calviniste César Malan qui disait « Le croyant n’a pas à s’inquiéter de lui-même, Dieu fait le nécessaire », il ajoute :              «  l’évangile évacue l’obsession de son salut, la préoccupation de son sort.  Reste la vie, la marche à suivre, les tâches à accomplir pour que vienne le Royaume, autrement dit pour que le Royaume de Dieu avance ».

André Gounelle nous fera l’honneur de venir nous parler effectivement du « salut, une notion dépassée ? » le 29 avril à Grenoble. Pour s’inscrire à la journée : <jacques-sylvie@orange.fr > .
Pour acheter le livre « Évangile et Liberté »
trois parcours pour un christianisme crédible, Van Dieren éditeur ; ou souscrire à : <www.evangile-et-liberte.net>



1 Évangile et Liberte, Trois parcours pour un christianisme crédible, ed. Van Dieren Editeur Paris.