L'Église Protestante Unie de France (EPUdF) a été constituée en 2012. Cela concrétisait la réalisation de l’union entre l’Église évangélique luthérienne de France (E.E.L.F) et l’Église réformée de France (E.R.F). Le Synode national de 2017 devrait adopter une Déclaration de foi énonçant les convictions fondamentales des membres de cette nouvelle Église.

 L’élaboration de cette Déclaration de foi doit se faire en trois étapes. La première consiste à soumettre à l'appréciation des paroisses en 2016 un avant-projet de cette déclaration de foi. Ce travail sera ensuite analysé et synthétisé par des rapporteurs qui présenteront leurs travaux aux synodes régionaux. Enfin dans une dernière étape, le synode national réuni en 2017 tiendra  compte de tous ces apports, et soumettra à l'approbation synodale une synthèse définitive. Si cette Déclaration de foi obtient l'accord de l’Église, elle sera adoptée. Sinon, le travail sera à reprendre.

 Pour amorcer la réflexion, l'EPUdF a publié un petit fascicule[1] intitulé « Vers une nouvelle Déclaration de foi ».  La déclaration de foi traduit dans une situation donnée, que ce soit en tenant compte de  l’époque ou du contexte social,  ce que signifie pour une Église sa fidélité à l'Évangile. Cela signifie que l’objectif est d’exprimer dans le langage d’aujourd’hui la conviction profonde de l’EPUdF en ce début de vingt et unième siècle.

 En 2014 l’Église est entrée dans une dynamique  que l’on peut définir par deux projets liés l’un à l’autre. L’un consiste à élaborer une nouvelle Déclaration, l’autre a pour objectif d’exprimer nos convictions communes en précisant à quoi faut-il résister aujourd’hui, comment témoigner et de qui ? Dire comment être chrétien dans la société d’aujourd’hui, comment lire la Bible ?

 Les six propositions de base proposées dans le document de travail ne semblent guère poser de problèmes. Visiblement sont évitées les questions qui permettraient de  spéculer sur le plan dogmatique. Les attestants, ce mouvement qui s’oppose à la décision prise récemment par l’Église de bénir les unions de même sexe pourrait en profiter pour susciter une scission. Qui sait ? Les protestants adorent « pinailler ».

 Le style est sans doute à améliorer si l’on souhaite que la lecture de ce texte soit audible projet pour nos jeunes contemporains comme le souhaitent les rédacteurs de l’avant-projet.

 Par contre, trouver un accord pour exprimer nos convictions communes dans la société  actuelle traversée par une crise sans précédent, suscitera inévitablement des tensions. Luther résistait au pape en contestant la vente des indulgences destinée à financer la construction de la Basilique Saint Pierre. Les protestants, beaucoup plus à droite que par le passé, sont-ils prêts aujourd’hui à résister aux sollicitations du néolibéralisme adopté par notre société de consommation ?  

 Faut-il lire la Bible en bon fondamentaliste, c’est-à-dire comme si elle avait été dictée par Dieu lui-même ? En adoptant la méthode des pères de l’Église du cinquième siècle ? Ou la méthode historico critique qui tient compte du contexte dans lequel vivaient les auteurs bibliques ? L’accord ne sera vraisemblablement pas facile.

 Il faut donc saluer la courageuse initiative qui pourrait donner à l’E.P.U.d.F une dynamique aussi efficace que le fut la publication des 95 thèses par Luther il y a cinq siècles. C’est bien ce que nous espérons de toutes nos forces pour apporter une  réponse claire à nos contemporains. A l’ouvrage donc avec passion pour être d’authentiques témoins plutôt que de simples adhérants.

H.L.


[1] « Ressources » N° 2, octobre.2015, Éditions Olivétan, et « Vers une nouvelle Déclaration de foi » - Document de travai, janvier 2016, E.P.U.d.F