Notre Cercle Évangile et liberté en Isère a été invité par un groupe catholique en recherche, à étudier le livre de John Shelby Spong, « Jésus pour le 21e siècle ». Le déclic a été la lecture d’un livre de Dietrich Bonhoeffer, ce pasteur assassiné par les nazis. Il avait découvert en prison le challenge imposé à l’Église d’annoncer Jésus Christ à des non-religieux qui ont appris à se passer de la religion et de Dieu. Spong relève ce défi dans ce livre.

Nous étions donc un peu plus d’une trentaine à découvrir que cette démarche mettait en question bien des certitudes sur le bien-fondé de la façon dont les Églises ont interprété à leur façon et occulté le message de Jésus, le rendant inaudible aux non-religieux.

Trois intervenants ont présenté leur lecture des trois parties de l’ouvrage.

D’après Serge, Spong est convaincu que nous vivons la fin du christianisme parce qu’il fonctionne sur des bases totalement dépassées, pour lequel par exemple Dieu est défini comme un être surnaturel qui vit dans les cieux, intervient périodiquement dans l’histoire humaine, et répond s’il le veut à nos demandes. Un Dieu qu’il qualifie de « théiste ».

Il est alors naturel que Spong ne croit pas aux miracles opérés par Jésus. Ces récits faisant appel au surnaturel, sont dit-il, essentiellement des paraboles, des images souvent inspirées par des textes de l’Ancien Testament, signifiant que Jésus est bien le messie annoncé dans les Écritures. Et l’auteur démontre à ceux qui se demandent s’il est possible d’avoir encore la foi sans croire à la lettre de ces textes bibliques, que c’est parfaitement possible.

Avec François qui rapporte sur la deuxième partie, nous découvrons notre complète ignorance de la culture religieuse juive dont étaient imprégnés les auteurs des Évangiles, culture qui inspire et nourrit leurs récits des actes et propos de Jésus. Nos propres interprétations et compréhensions marqués par notre propre culture religieuse, nous empêche d’accéder à l’expérience spirituelle vécue par les premiers témoins et de la transmettre.

Paul était chargé de présenter la troisième partie du livre. Il dévoile la vision qu’a Spong de la vie de Jésus. L’auteur poursuit son dessein de clairement faire découvrir la personne de Jésus à des non religieux en insistant sur son apport au degré d’humanité de l’homme. L’impression qui s’en est dégagée était que Spong était en réaction assez vive contre les effets d’une vision propre aux U.S.A., celle d’un christianisme justifiant le racisme, et bien d’autres préjugés, et professant le créationnisme.  

La conclusion du livre s’exprime par ces mots : « Quand Jésus sera libéré de la prison du concept religieux, une renaissance et une réformation deviendront possibles. L’homme Jésus apparaît à l’horizon ».

Pour donner  une suite concrète à cette réflexion, une séance sera consacrée à un partage entre catholiques et protestants,  de nos réactions, des réponses concrètes à apporter pour annoncer Jésus aux non religieux de notre génération.