A la question que chacun se pose sur Dieu, il nous dit que parler de Dieu révèle toujours nos préoccupations les plus ultimes ; que parler de Dieu c’est parler de soi. « Dieu porte l’empreinte de ce que nous sommes ». Et tout au long de chacun des 50 petits chapitres d’une page ou deux du livre « Un Dieu insoumis », tout en parlant de Dieu, Raphaël Picon nous parle de lui, de sa foi, de son optimisme, de sa joie de vivre. Il nous invite donc nous, ses lecteurs, à aller  à la rencontre d’un Dieu que Jésus nous  dévoile.

Quelques aspects de Jésus vus par Raphaël Picon

Sans cesse il revient à Jésus-Christ, car le Dieu de Raphaël  est celui que révèle Jésus-Christ. Voici sa vision de Jésus.

Jésus n’est pas l’homme du mythe, de la naissance virginale, de la mort expiatoire, de la résurrection miraculeuse. La prédication de Jésus est un appel à la vie contre les puissances de mort, contre ce qui déshumanise. Il incarne un Dieu qui nous ouvre à la réalité, à plus de justice, de vérité, de beauté. Il nous appelle à devenir Christ pour les autres. Il irradie d’une vie qui prend sans cesse le dessus. Jésus est l’incarnation du rêve de Dieu pour le monde : celui d’une humanité affranchie de toute forme d’oppression. Jésus est le prophète de la subversion de la vie contre la mort. Il est l’homme de la Parole, du oui de Dieu aux prostituées, aux mécréants, aux pestiférés, aux exclus.

Le Dieu dont parle Raphaël Picon

Dieu est insoumis. C’est-à-dire que Dieu ne se réduit pas à ce qu’en font les religions. Ce n’est pas un concept, un principe, un surhomme tout-puissant. C’est un amoureux du monde. On en avait fait le condensé de nos fantasmes de toute-puissance.  Or il est puissance de l’infini qui permet de résister à la résignation. Il est une énergie qui nous émancipe de tout ce qui nous aliène. Dieu anime le réel de l’intérieur par une force qui ouvre sur demain. Il est source de vie, d’amour, de sagesse. Il est Bonne Nouvelle d’une force créatrice qui nous conduit au meilleur de nous-mêmes. Dieu de la vie permet de croire en la valeur infinie de l’humain.

L’homme

À cette écoute on découvre l’humain. L’homme a une valeur infinie à laquelle Dieu permet de croire. Raphaël Picon  ne peut parler de Dieu révélé par J. C. sans parler de l’être que chacun, chacune est. Ainsi nous découvrons notre identité véritable de chrétien. Il ne décrit pas ce qu’il faut ou ne faut pas croire. Il explicite très simplement ce qui donne sens et vie au croyant. Le lecteur sait à la fin de sa lecture, qui il ou elle est en vérité.

Croire en Dieu c’est croire en l’homme. Dieu intervient en envoyant ses anges, des hommes et des femmes de l’ombre qui font dérailler l’enchaînement mécanique des faits.

Puis, de-ci de-là,  quelques perles parmi bien d’autres

La foi nous engage dans le monde, éveille au désir de convaincre. Elle fait tenir à ce que l’on pense et résiste au relativisme. Il ne faut pas, en effet, s’en tenir par manque de conviction, à l’affirmation de ce qui est seulement « vraisemblable », « possible ». Il faut affirmer sa conviction, ne pas rester dans le relatif ; et accepter en même temps que l’autre en fasse autant, car ma parole n’est pas la seule possible. La foi n’est pas une béquille comme le pensait Nietzsche  C’est une force créatrice à l’œuvre dans le monde.

Confesser le Christ, c’est dire que Dieu est uni à l’homme sauvé et ressuscité. Debout !

Dans les évangiles le surnaturel, le merveilleux, la démesure sont des ruses pour dire la vie en excès.

Être exaucé, c’est être à nouveau capable d’exister, d’être confiant en soi, pour être doté d’amour, de créativité. C’est l’exaucement de nous-mêmes, porté par Dieu.

Très bonne lecture de ces 50 petits chapitres qui nous réconcilient avec nous-mêmes et avec Dieu.

Hugues Lehnebach


Raphaël Picon, Un Dieu insoumis, Labor et Fidès, 2017- (135 pages )

Raphaël Picon (1968-2016), théologien