Sur les pas de John A. T. Robinson…

John  A. T. Robinson était évêque anglican. Il n’était pas du tout incroyant, mais il était soucieux de tenir compte de l’évolution des mentalités dans un monde de plus en plus sécularisé. John A. T. Robinson a fait paraître un livre en 1964 intitulé Dieu sans Dieu (Honest to God en Anglais). Une notion qui lui semblait essentielle était l’image que l’on se fait de Dieu dans l’Église. Il parlait de remodeler, de reformuler ce qui constitue le fondement de la foi chrétienne : « Je  crois, disait-il, que nous sommes dans les années à venir, à beaucoup plus qu’une simple réaffirmation, en termes modernes, de l’orthodoxie chrétienne. …un remodelage beaucoup plus radical est à mon avis nécessaire et, dans ce processus, les catégories les plus fondamentales de notre théologie, de Dieu ; du surnaturel, et de la religion elle-même, doivent être de nouveau jetées au creuset ».  Convaincu comme Robinson qu’il faut réaménager les bases de notre catéchisme,  je me suis permis de puiser dans ce livre quelques données de réflexion

Dietrich Bonhoeffer auquel John A.T. Robinson se réfère disait que le christianisme est un système de religion qui a 2 000 ans. Or voici que depuis 500 ans environ nous entrons peu à peu dans un monde totalement dépourvu de croyances religieuses. Toutes les croyances sur lesquelles reposait ce système religieux s’effondrent. Il est très intéressant d’en connaitre les raisons. L’une d’entre elles est la vision du Dieu auquel l’Église continue  à se référer à mon désespoir car c’est une des raisons de la perte de la crédibilité du christianisme au détriment de l’Évangile. Il n’est pas étonnant que les églises se vident.

« La Bible nous parle du Dieu « d’en haut » (d’un Dieu qui se situerait « là-haut »). Sans aucun doute, l’image qu’elle donne d’un univers à trois étages,- « en haut le ciel, au dessous la terre et, sous la terre, les eaux », a été prise jadis dans son sens le plus littéral. Nul doute que les auteurs de l’Ancien Testament, si on les avait interrogés, auraient été les premiers à proclamer que pour eux ce langage n’était qu’une façon symbolique de représenter et de transcrire des réalités spirituelles.

Hugues Lehnebach