Les théologiens du process mettent en évidence que la personne de Jésus est habitée par le logos, la Parole de Dieu. C’est en cela qu’il est le Christ. Sa personne est disent-ils, christique. « Christ » désigne, en effet, la puissance de transformation créatrice en tant qu’elle s’incarne dans une situation donnée. Cette puissance divine n’agit pas seulement dans la personne historique de Jésus, mais ailleurs, partout. Ainsi des manifestations christiques peuvent exister sans avoir de rapport avec le Christ. Albert Schweitzer, Martin Luther King par exemple ont agi à certains moments avec une dimension christique.

Hors donc de  la sphère chrétienne, diverses traditions religieuses offrent des symboles, des rites, des pratiques, des doctrines qui ont, ou ont eu une fonction christique en ouvrant la voie pour aller de l’avent. Socrate n’a t- il pas eu une fonction christique ? André Gounelle ajoute dans le livre qu’il a écrit sur « le dynamisme créateur de Dieu », « Selon la formule de Cobb, (théologien du process) le Christ se définit comme « la voie qui n’exclut aucune voie »[1].       
Bonhoeffer se posait la question suivante : « le temps de la religion est révolu. Nous nous acheminons vers un temps non religieux. La question est de savoir ce que le christianisme, ou encore le Christ  est proprement pour nous aujourd’hui ».

Si l’on admet, comme le pensent les théologiens du process, que Dieu est présent en toutes choses et en toute personne, rien ne leur interdit de penser que Dieu, son Esprit, le logos, peut se  manifester de façon laïque.

Le 6 juillet 2021

H.Lehnebach



ndré Gounelle, Le dynamisme créateur de Dieu, essai sur la théologie du process,Van Dieren éditeur 1981-2013
« Le Christ déborde l'homme qu'il a été. Il y a donc une certaine présence de Dieu, voire du Christ, même là où Jésus n'est pas nommé ou manifesté. Pour Calvin, le Logos se trouve donc présent et agit en dehors du christianisme, là même où on ne connaît pas l’homme de Nazareth et où on ne se réfère pas explicitement à lui ».